Réforme du DPE 2026 : baisse du coefficient d’énergie primaire et impacts pour les logements

À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, une nouvelle évolution majeure du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est entré en vigueur : le coefficient d’énergie primaire (CEP) de l’électricité a été abaissé de 2,3 à 1,9.
Cette modification technique, qui peut sembler sans importance, va pourtant changer la donne pour des centaines de milliers de logements français. Retour sur ce qu’est le DPE, ses précédentes évolutions, et ce que ce changement implique concrètement.

reforme dpe

 Qu’est-ce que le DPE ?

Le DPE est une évaluation réglementaire qui mesure la performance énergétique et l’impact environnemental d’un logement ou d’un bâtiment.
Il fournit :

  • Une estimation de la consommation d’énergie primaire (exprimée en kWhEP/m²/an)
  • Une estimation des émissions de gaz à effet de serre (GES)
  • Une étiquette de performance énergétique (de A à G)
  • Des recommandations de travaux pour améliorer la performance

 ❗️Obligatoire lors d’une vente ou d’une mise en location, il est valable 10 ans et s’appuie sur une méthode de calcul standardisée.

 

Rappel : la réforme du DPE en 2021

En juillet 2021, le DPE a connu une refonte complète afin de devenir plus fiable et opposable juridiquement.

Changements clés de 2021 :

  • Prise en compte simultanée de l’énergie primaire et des émissions de CO₂ pour déterminer la classe DPE
  • Révision des seuils des étiquettes énergétiques
  • Introduction de l’opposabilité du DPE (possibilité de recours en cas d’erreurs)
  • Abandon de la méthode basée sur les factures réelles au profit de la méthode 3CL (Calcul Conventionnel des Consommations)

 

Modification de la méthode de calcul :

  • Mise à jour de la méthode de calcul (3CL – DPE2021) ;
  • Etude sur 5 usages (ancienne version : 3)
    • Chauffage
    • ECS
    • Climatisation / production de froid 
    • Eclairage
    • Auxiliaires
  • Modification des facteurs de conversion des émissions de gaz à effet de serre
  • Prise en compte de la localisation
  • Modification des étiquettes
  • Suppression de la méthode DPE facture pour les logements.

 

Refonte du design pour les DPE logement :

  • 6 pages (4 auparavant) avec un nouveau design ;
  • Une unique étiquette « double seuil » sera pris en compte pour classer le logement ;
  • Proposition de bouquets de travaux d’économies d’énergies ;
  • Estimation de la facture énergétique.



Cette réforme avait déjà modifié le coefficient de conversion de l’électricité de 2,58 à 2,3, améliorant la note de certains logements chauffés à l’électricité. 

 

Le coefficient d’énergie primaire : explication

L’énergie primaire correspond à la quantité d’énergie nécessaire pour produire et acheminer l’énergie finale consommée dans un logement.
Le coefficient d’énergie primaire (CEP) est donc un facteur qui permet de convertir une consommation finale (ce que vous utilisez réellement) en consommation primaire (ce qui est produit).

 

Exemple simple :

  • Si votre logement consomme 100 kWh d’électricité finale par m², avec un coefficient de 2,3, cela équivaut à 230 kWhEP/m² en énergie primaire.

 

Plus le coefficient est élevé, plus la consommation « officielle » paraît importante.

 

Électricité et chaleur : deux modes de production, deux réalités énergétiques

En France, la majeure partie de l’électricité est produite par des centrales. Ces installations affichent un rendement d’environ 30 à 40 %, car une grande partie de l’énergie initiale est d’abord transformée en chaleur avant d’être convertie en électricité. À cela s’ajoutent les pertes liées au transport de l’électricité sur le réseau, estimées entre 5 et 10 %.

 

À l’inverse, la production de chaleur destinée au chauffage ou à l’eau chaude sanitaire à partir d’énergies fossiles est réalisée directement sur le lieu d’usage, sans étape intermédiaire de conversion ni pertes de transport significatives.

 

C’est cette différence de mode de production et de rendement global qui explique l’écart observé.

 

Réforme 2026 : un coefficient réduit à 1,9

Ce qui change

Au 1ᵉʳ janvier 2026, le coefficient est passé de 2,3 à 1,9.
Cette révision rapproche la France de la valeur européenne et reflète mieux la réalité du mix électrique français, majoritairement décarboné grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables.

Pourquoi cette baisse ?

  1. Évolution des paramètres de calcul : Les logements électriques, souvent pénalisés par un coefficient élevé, verront leur classement amélioré.
  2. Transition énergétique : Encourager l’installation de pompes à chaleur, chauffe-eau thermodynamiques et autres solutions électriques bas carbone.
  3. Alignement européen : Harmonisation des méthodes de calcul avec nos voisins.

 

Conséquences concrètes pour les logements

  • Reclassement de nombreux logements :
    Selon le gouvernement, 850 000 logements actuellement classés F ou G sortiront du statut de passoire énergétique.
  • Gain de classes possibles :
    Certaines petites surfaces chauffées à l’électricité pourraient gagner 1 à 2 lettres sur leur étiquette.

 

Impact sur le marché immobilier :
Moins de contraintes réglementaires pour la location de certains logements, ce qui peut redonner de la valeur à des biens dévalorisés.

Les critiques de la réforme

Si cette mesure est saluée par certains, elle suscite aussi des réserves :

  • Risque de « reclassement artificiel » : Améliorer la note sans travaux ne change pas la performance réelle.
  • Instabilité réglementaire : Les règles du DPE ayant déjà changé en 2021, certains professionnels craignent une perte de confiance.
  • Inégalités persistantes : Les logements mal isolés resteront coûteux à chauffer, même si leur étiquette s’améliore.

Conclusion

La réforme du DPE qui est entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026 n’est pas qu’un ajustement technique : c’est une opportunité pour tous particuliers comme entreprises de repenser leur consommation d’énergie et de valoriser leur patrimoine immobilier.
En abaissant le coefficient d’énergie primaire de l’électricité à 1,9, de nombreux bâtiments verront leur classement s’améliorer, mais la vraie performance se gagne sur le terrain, par des actions concrètes et mesurées.

 

Chez Albéo, nous faisons bien plus que délivrer un diagnostic : nous vous accompagnons dans la réduction durable de vos consommations et la diminution de votre impact environnemental.
Notre expertise technique, notre veille réglementaire et notre curiosité permanente pour les innovations vous garantissent des solutions adaptées à vos besoins, vos contraintes et vos objectifs.

 

La transition énergétique se prépare aujourd’hui. Que vous soyez un professionnel soucieux de la performance de votre parc immobilier ou un particulier désireux de valoriser son logement, Albéo est votre allié pour passer de la simple étiquette à une véritable amélioration énergétique.

 

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